Le blog où on joue tous ensemble avec la langue sans se faire taper sur les doigts. Chaque post lance un nouveau jeu et tout le monde peut participer autant de fois qu'il veut. Même à deux heures du matin!





Je suis de retour dans le cadre de ma formation fondamentaux du web!!!!

Le mot

Règle: C'est le jeu le plus simple qui existe à ce jour sur ce blog. Je propose un mot, par association d'idée, le participant suivant propose un nouveau mot. Le deuxième participant suivant propose un deuxième nouveau mot inspiré du précédent, etc.

Plus concrètement, un exemple:

Latêteàtoto propose: Agrafeuse
Le particpant n°1 pourrait proposer: Agrafeuse > Papier
Le participant n°2 pourrait rétorquer: Papier > Arbre
Le participant n°3 pourrait répondre: Arbre > Chêne
Etc.

On y va?

Le mot de Latêteàtoto: Cyprès

Fragment n°10

Il faut dire que la femme, dans la musique, joue un rôle subalterne. Dans la créativité musicale, je veux dire, dans la composition. Elle joue un rôle subalterne. A moins que vous ne connaissiez une compositrice célèbre? Ne serait-ce qu'une? Vous voyez! Est-ce que vous avez jamais réfléchi à cela? Vous devriez y réfléchir. Réfléchir à la féminité dans la musique en général, peut-être. Maintenant, il est sûr que la contrebasse est un instrument féminin. Comme le dit bien le genre du mot, c'est un instrument féminin - mais grave comme la mort. De même que la mort (je parle du point de vue des associations affectives) est féminine par sa cruauté enveloppante, ou bien (comme on veut) par sa fonction de sein maternel inélucatble; et d'un autre côté aussi parce qu'elle est le pendant du principe vital, fécondité, terre nouricière, et caetera, j'ai pas raison?

La Contrebasse, Patrick SUSKIND

Fragment n°9

Ce n'est pas que je vous envie, comprenez-moi bien, ce n'est pas que je tienne absolument à participer, ce n'est pas que j'estime la chiennerie de l'enfance, cette mauvaise joie de meute qui fait la communauté enfantine, cette insatiable faim de jouir, cet appétit prédateur, ce bonheur indifférencié, cette plénitude monocellulaire, ce cocktail d'égoïsme frénétique et de soumission veule à la horde... ce n'est pas que je vous envie toute cette obscénité, non, mais ressentir l'enfance au moins une fois, qu'une main tendue m'arrache une seconde au désert de ma lucidité, que je cesse de savoir pour sentir une fois dans ma vie, rien qu'une toute petite fois, ce que c'est que votre foutue enfance! Je donnerais tout, vous m'entendez, absolument tout, pour faire mienne une seconde seulement de votre enfance! Eprouver cette joie imbécile! Cette ignorance si pleine! Ces chagrins obtus! Cette aptitude aux passions successives, aux reniements instantanés, à l'oubli sur commande, à la cicatrisation immédiate! Cette effarante absence de mobile! Cette ivresse du présent! Cette conscience purement digestive! Je braderais tout pour être bête, une seconde, comme un enfant! Jouir absolument de cette stupidité! Me repaître une bonne fois de cette idiotie des origines et retourner à mon moi d'adulte en sentant enfin de quoi je me suis libéré, à quoi j'ai su échapper, ce que ma conscience a vaincu! Jouir de ma maturité, oui, mais en pleine connaissance de cause! Comme ce doit être bon, un souvenir d'enfance! La certitude d'une enfance vaincue! Comme on doit être pleinement quand on vient d'où vous êtes! Avec toute cette bêtise derrière soi! Et comme on est mal, quand on n'a jamais senti ce fumet-là! Comme on existe peu, sans enfance!

Messieurs les Enfants, Daniel PENNAC

Babebines

Règle: Ecrire un court poème de 5 vers avec des rimes déclinant les voyelles.

J'veux un temps mort
Oui, j'en ai marre
Personne n' m'admire
J'me sens pas mure
J' rentre chez ma mère
(poème proposé par Latêteàtoto, qui en profite pour lancer son sos - ici, rimes phonétiquement en mor, mar, mir, mur, mer)

Envoyez-les vôtres ci-dessous...

Fragment n°8

Le temps qui passe, lui, n'est ni beau ni laid, toujours pareil. Peut-être quelquefois pleut-il des secondes, ou bien le soleil de quatre heures retient-il quelques minutes comme des chevaux cabrées. Le passé ne conserve peut-être pas toujours la belle ordonnance que donnent au présent les horloges, et l'avenir accourt peut-être en pagaye, chaque moment se bousculant pour se faire, le premier, débiter en tranches. Et peut-être y a-t-il du charme ou de l'horreur, de la grâce ou de l'abjection, dans les mouvements convulsifs de ce qui va être et de ce qui a été.

Le Dimanche de la Vie, Raymond QUENEAU

Fragment n°7

M. Curieux Fontaine, notaire à Pinceau, avertit les commerçants d'ici et d'ailleurs qu'il ne paiera plus les dettes de sa femme qui, telle une gourgandine, court la prétantaine avec un bravache alcoolique. De telles moeurs semblent, hélas! se répandre de plus en plus dans nos contrées; le fléau n'épargne plus le berceau de nos ancêtres qui reposent maintenant dans la tombe. Il faut songer à réagir contre le dévergondage des nouvelles couches et les entreprises insubordonnées et lascives des sous-officiers bicyclistes.
(Communiqué)

Codicille Plusdun, franc-maçon, a été vu, jeudi dernier, accomplissant ses besoins naturels contre le mur du cimetière d'Enfoui. Cette nouvelle preuve de l'irrespect de la maçonnerie judaïque et proboche envers la meilleure et la plus saine de nos institutions ne pouvait être passée sous silence.

Est-ce votre cas?
Travaillant tard le soir à des études archéologiques, j'avais pris l'habitude de boire du café très fort. Peu à peu je sentis des mouvements tumultueux du coeur qui me rendaient très pénible l'exercice de mon ministère.
Le médecin du chef-lieu me recommanda de l'eau pure sans caféine, mes troubles ont disparu et il me semble que j'ai retrouvé ma jeunesse tant je me sens dispos.
M. le curé de V... (Ardèche).
Ressentez-vous comme cet ecclésiaste, des malaises inexplicables? Supprimez-les en vous mettant à l'eau pure sans caféine. En vente dans toutes les bonnes pharmacies: le litre 5 fr. 95.

Si le café est bon chez Jean-Batiste Averse, il est encore meilleur au café du Commerce.
(Communiqué)

Pourquoi négliger votre esthétique après votre mort? Prenez soin de vos os. Songez que dans cinq cent ans, mille ans ou plus, vos restes seront peut-être exposés dans un musée. Ne voulez-vous pas y paraître avec tous vos avantages?
Grâce à la potion des Eternels, vous vous praparez un squelette d'aspect plaisant et garanti incassable.
IL FERA L'ADMIRATION
DES GENERATIONS FUTURES
Le flacon de douze litres: Prix à débattre
S'adresser au docteur Effaré, 15, rue des Mages, Paris.

Extrait du Petit Echo de X (troisième partie sur trois) dans Le chiendent, Raymond QUENEAU